mardi 19 décembre 2017

Premières lectures : L'arbre dénudé





L'arbre dénudé


L'hiver est venu. Le vent a secoué l'arbre si fort que l'arbre a perdu sa dernière feuille rousse.

Un nid du dernier été reste seul accroché entre deux rameaux ; il nous rappelle les mois où tous les arbres étaient parés de vert, alors, le soleil nous prodiguait sa joyeuse lumière, sa bonne chaleur, et les oiseaux chantaient dans nos jardins.

Maintenant, le tronc de l'arbre est noir ; noires aussi sont ses branches dénudées. Comme sa vue est attristante !

Mais, ce matin, la neige est tombée ; d'innombrables flocons blancs sont descendus du ciel sombre. Et, peu à peu, les branches, les branchettes, les rameaux et les ramilles se sont couverts de neige. Sous ces flocons, l'arbre paraît drapé d'hermine, et nous sommes moins tristes en le regardant.





samedi 11 mars 2017

L'arbre qui jaunit (2ème partie)






Les en-fants vont de-çà et de-là, pre-nant i-ci et là des feu-illes jau-nes, des rou-sses, des do-rées. Sous leurs doigts ha-bi-les, ces feu-illes mor-tes s'a-ssem-blent en cou-ro-nnes, en guir-lan-des, et les en-fants en pa-rent leurs che-veux.

Sou-dain, Bob pou-sse un cri. Il vient de re-ce-voir sur le nez un gros ma-rron tout lui-sant. Il se fro-tte le nez ; il a bien en-vie de pleu-rer. Mais Li-li le con-so-le : "Ne pleu-re pas ! Nous a-llons cher-cher d'au-tres ma-rrons et nous en fe-rons de beaux col-liers !".








Les enfants vont de çà et de là, prenant ici et là des feuilles jaunes, des rousses, des dorées. Sous leurs doigts habiles, ces feuilles mortes s'assemblent en couronnes, en guirlandes, et les enfants en parent leurs cheveux.

Soudain, Bob pousse un cri. Il vient de recevoir sur le nez un gros marron tout luisant. Il se frotte le nez ; il a bien envie de pleurer. Mais Lili le console : "Ne pleure pas ! Nous allons chercher d'autres marrons et nous en ferons de beaux colliers !".






Marronnier




vendredi 10 mars 2017

L'arbre qui jaunit (1ère partie)







Un vent vio-lent sou-ffle de-puis deux jours. Il se-coue les ar-bres, 
a-rra -che leurs feu-illes et fait tom-ber leurs fruits.

Bob et Li-li re-gar-dent le grand ma-rro-nnier de leur cour ; ils voient ses feu-illes de-ve-nues la proie du vent.

"Vois, Li-li, la bel-le rou-sse !"

Et Bob s'é-lan-ce pour a-ttra-per au vol la feu-ille qui tom-be en se trémoussant.









Un vent violent souffle depuis deux jours. Il secoue les arbres, 
arrache leurs feuilles et fait tomber leurs fruits.

Bob et Lili regardent le grand marronnier de leur cour ; ils voient ses feuilles devenues la proie du vent.

"Vois, Lili, la belle rousse !"

Et Bob s'élance pour attraper au vol la feuille qui tombe en se trémoussant.







samedi 14 janvier 2017

Une souris à l'école (Georges Riguet) - 4/4






Le i, c’est un petit bonhomme qui jette son chapeau en l’air.

Le u, c’est le bout d’une gouttière au bord du toit.

Le o, c’est une lucarne ronde.

le n, c’est le trou du chat dans la porte du grenier.

Le s, c’est la couleuvre qui a mangé une de ses soeurs.

Le c, c’est le chat quand il dort, couché en rond.

Au bout d’une quinzaine de jours, la souris grise avait appris de cette façon toutes les lettres de l’alphabet.

Tout aussi bravement, elle apprit à les rassembler pour faire tu, pour faire lulu, ou fifi.

Et, vers la fin de l’année, cette petite bête lisait aussi bien que vous et moi. Peut-être mieux !










Une souris à l'école (Georges Riguet) - 3/4







Dès le lendemain matin, Museau Pointu se faufila jusqu’à la salle de classe.

Cette fois, les enfants n’étaient plus assis devant leur table, mais groupés devant un grand tableau noir. Le maître tenait en main une baguette qu’il promenait sur ce tableau, et, chaque fois que le bout de la baguette s’arrêtait en dessous d’un petit dessin tracé en blanc ou en rouge, tous les écoliers se mettaient à crier ensemble.

Parfois, ils criaient : i, i.

D’autres fois, ils criaient : o, o.

D’autres fois encore : u, u.

«C’est amusant, se disait Museau Pointu ; et pas difficile !»

Durant toute la leçon, elle fut très attentive. Elle regardait la forme des lettres en même temps qu’elle disait leur nom.





Une souris à l'école (Georges Riguet) - 2/4








"Grand-mère, que font donc tous ces jeunes garçons et filles qui se rassemblent chaque jour dans cette maison ?

- Ce sont des écoliers ; ils apprennent à lire.

- A lire ? Que veux-tu dire, grand-mère ?

- Quand on sait lire, Museau Pointu, on ne ronge pas les vieux livres. On les regarde, et ils parlent.

- Ils parlent ? Mais que disent-ils ?

- Je ne sais pas, Museau Pointu. Je ne sais pas lire, moi. Je ne suis jamais allée à l’école, et je suis trop vieille maintenant pour apprendre mes lettres."

Elle était très curieuse et très audacieuse, Museau Pointu.






Une souris à l'école (Georges Riguet) - 1/4








Il y avait une fois une souris qui habitait la maison d’un vieux maître d’école. Un jour la petite souris s’aventura jusqu’à la salle de classe où le maître instruisait ses élèves ; elle fut bien étonnée.

Elle voyait là des garçonnets et des fillettes, sagement penchés sur leur pupitre et qui ne quittaient pas des yeux la page étalée devant eux.

"Que font-ils ? demandait curieusement Museau Pointu ! J’en aperçois qui sucent leur pouce, d’autres qui se rongent les ongles, d’autres encore qui déchiquettent leurs porte-plume ou leur crayon... Ils ont faim, cela est sûr. Mais pourquoi ne goûtent-ils pas aux livres mis entre leurs mains ?

- Vraiment, ces bambins sont bien sots ! Le pain ou les pommes sont très bons, quand on en trouve ; mais le papier n’est pas à dédaigner non plus !»

La souris grise alla se renseigner auprès de sa grand-mère.


Elle se dit :

«Ces fillettes et ces garçons qui viennent à l’école ne sont pas plus malins que moi. Si je veux, je pourrais très bien apprendre à lire aussi.»