samedi 14 janvier 2017

Une souris à l'école (Georges Riguet) - 4/4






Le i, c’est un petit bonhomme qui jette son chapeau en l’air.

Le u, c’est le bout d’une gouttière au bord du toit.

Le o, c’est une lucarne ronde.

le n, c’est le trou du chat dans la porte du grenier.

Le s, c’est la couleuvre qui a mangé une de ses soeurs.

Le c, c’est le chat quand il dort, couché en rond.

Au bout d’une quinzaine de jours, la souris grise avait appris de cette façon toutes les lettres de l’alphabet.

Tout aussi bravement, elle apprit à les rassembler pour faire tu, pour faire lulu, ou fifi.

Et, vers la fin de l’année, cette petite bête lisait aussi bien que vous et moi. Peut-être mieux !










Une souris à l'école (Georges Riguet) - 3/4







Dès le lendemain matin, Museau Pointu se faufila jusqu’à la salle de classe.

Cette fois, les enfants n’étaient plus assis devant leur table, mais groupés devant un grand tableau noir. Le maître tenait en main une baguette qu’il promenait sur ce tableau, et, chaque fois que le bout de la baguette s’arrêtait en dessous d’un petit dessin tracé en blanc ou en rouge, tous les écoliers se mettaient à crier ensemble.

Parfois, ils criaient : i, i.

D’autres fois, ils criaient : o, o.

D’autres fois encore : u, u.

«C’est amusant, se disait Museau Pointu ; et pas difficile !»

Durant toute la leçon, elle fut très attentive. Elle regardait la forme des lettres en même temps qu’elle disait leur nom.





Une souris à l'école (Georges Riguet) - 2/4








"Grand-mère, que font donc tous ces jeunes garçons et filles qui se rassemblent chaque jour dans cette maison ?

- Ce sont des écoliers ; ils apprennent à lire.

- A lire ? Que veux-tu dire, grand-mère ?

- Quand on sait lire, Museau Pointu, on ne ronge pas les vieux livres. On les regarde, et ils parlent.

- Ils parlent ? Mais que disent-ils ?

- Je ne sais pas, Museau Pointu. Je ne sais pas lire, moi. Je ne suis jamais allée à l’école, et je suis trop vieille maintenant pour apprendre mes lettres."

Elle était très curieuse et très audacieuse, Museau Pointu.






Une souris à l'école (Georges Riguet) - 1/4








Il y avait une fois une souris qui habitait la maison d’un vieux maître d’école. Un jour la petite souris s’aventura jusqu’à la salle de classe où le maître instruisait ses élèves ; elle fut bien étonnée.

Elle voyait là des garçonnets et des fillettes, sagement penchés sur leur pupitre et qui ne quittaient pas des yeux la page étalée devant eux.

"Que font-ils ? demandait curieusement Museau Pointu ! J’en aperçois qui sucent leur pouce, d’autres qui se rongent les ongles, d’autres encore qui déchiquettent leurs porte-plume ou leur crayon... Ils ont faim, cela est sûr. Mais pourquoi ne goûtent-ils pas aux livres mis entre leurs mains ?

- Vraiment, ces bambins sont bien sots ! Le pain ou les pommes sont très bons, quand on en trouve ; mais le papier n’est pas à dédaigner non plus !»

La souris grise alla se renseigner auprès de sa grand-mère.


Elle se dit :

«Ces fillettes et ces garçons qui viennent à l’école ne sont pas plus malins que moi. Si je veux, je pourrais très bien apprendre à lire aussi.»








mercredi 21 décembre 2016

Premières lectures : Le petit chaperon rouge (9 parties)




1



Fort gentille, elle est coiffée d'un mignon coquelicot. 

On croirait voir une fée qui trottine en fins sabots.

"Où vas-tu, petit chaperon rouge, sans quenouille ni fuseau ?

Où vas-tu, petit chaperon rouge, gazouillant comme un oiseau ?

- Je m'en vais bien  loin, seulette sous l'ombrage murmurant ; et je porte une galette à ma bonne mère-grand.









2



Voici la maman du petit chaperon rouge.

Elle a du lilas, du lilas joli.

Elle appelle : "chaperon rouge !"

Il descend : plic, ploc, plac.

"Voilà !... maman !... voilà ! oh !... maman ! le joli lilas !"








3




Maman sourit. Elle tapote la joue dorée du petit chaperon rouge.

"Ecoute : tu porteras le petit pot, le panier, à ta bonne mère-grand."








4

Voici le petit chaperon rouge qui trottine dans la forêt.

Vois-tu la petite robe, sur la route, là-bas ?

Trottine, trottine, chaperon joli, dans la forêt le loup rôde.









5



Oh ! le joli nid !

Oh ! dans le nid, le joli petit, tout nu, sans plumes, ni duvet !

Oh! la jolie tulipe dorée !

Oh ! le joli papillon !

Oh ! la jolie prune mûre !








5


La lune se lève.

Chaperon rouge écoute le murmure monotone de la forêt.

Hou !... hou !... voilà le loup qui rôde !

"Chaperon rouge, petit ami, à qui portes-tu le panier, la bonne galette ?

- A ma mère-grand.

- Où habite ta mère-grand ?

- Dans une petite cabane rouge là-bas."





6


Toc, toc, toc.

"Qui est là ? qui tapote à la porte de la cabane ?

- Votre chaperon rouge mère-grand.

- Tire la chevillette, la bobinette cherra."*

Voici chaperon rouge dans la cabane, qui se couche à côté de mère-grand.

Oh ! la drôle de mère-grand !




* Chevillette : clef de bois des anciennes fermetures. 
"Tire la chevillette et la bobinette cherra (tombera)".







7


Il est midi.

La maman est à la fenêtre.

Elle se dit :

"Est-il perdu, le joli chaperon rouge ?

Est-il perdu dans la forêt ?

- Madame ! madame ! votre joli chaperon le voilà !" crie Nicolas.







8


La mule de Nicolas a galopé, galopé.

Brave petite mule !

Chaperon rouge est là.

Chaperon rouge est retrouvé ; le loup ne l'a pas dévoré.







9


Le petit chaperon rouge dort dans un tout petit lit, doux comme un nid de plumes, doux comme un nid de duvet.

A côté de lui il a tous ses joujoux : la poupée, la toupie.

A côté de lui il a ses amis : miaou, loulou, la poule rouge.











Le texte est issu du livre :
"Des contes à la lecture" (A. Ritter - O. Ritter - M.J. Carré-Charron)